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Dépistage de la fibrose hépatique par un test sanguin simple le FIB4 en médecine générale

Toute inflammation chronique du foie génère une fibrose qui peut évoluer vers la cirrhose et le cancer du foie. La prévention de la cirrhose passe par un dépistage précoce de la fibrose hépatique et représente le défi des années à venir. Ce dépistage repose en première ligne sur le médecin généraliste (MG). Le FIB4 un est un test sanguin de fibrose extrêmement simple, basé sur l’âge et sur des variables usuelles (taux de plaquettes et de transaminases) qui permet de dépister une fibrose hépatique.

Les objectifs de ce travail coordonné par le Réseau ville hôpital Hépatite C Cote d’Azur furent  1) de mesurer la prévalence d’une fibrose hépatique significative par le score FIB-4 chez les adultes consultant en médecine générale  2) de comparer ce test à deux autres tests sanguins de fibrose plus sophistiqués mais plus onéreux NAFLD Fibrosis score (NFS) et Fibromètre (FM)  3) de définir le lien entre les scores de fibrose et des principaux facteurs de risque hépatique : surpoids, diabète de type2, consommation d’alcool  4) de décrire les causes d’une éventuelle atteinte hépatique.

Méthodes : Pendant 6 mois, 34 MG des Alpes Maritimes ont proposé à tous leurs patients adultes, sans pathologie hépatique connue, un dépistage de la fibrose hépatique par un prélèvement sanguin permettant de calculer le FIB4 et les 2 autres scores de fibrose (NFS et FM)

Résultats : Parmi les 2121 patients inclus, 61% étaient des hommes. L’âge moyen des patients était de 62 ans, 39 % avaient un surpoids défini par un IMC >25, 13% une consommation d’alcool de plus de 100g /sem., 10% un diabète et 29% une HTA. La prévalence d’une fibrose hépatique significative :   reconnue par le FIB4 en fonction de l’âge était de 19.1%. Par comparaison, cette prévalence était de 16.8% par le score NFS et 8.2% par le score Fibromètre. Une corrélation significative était retrouvée entre la positivité des 3 tests FIB4, NFS et Fibromètre. Confrontés à un test FIB-4 positif les MGs ont reconsidéré une cause éventuelle de l’atteinte hépatique présente dans 2/3 des cas : stéatopathie métabolique : 97 cas, alcoolique :48 cas, stéatopathie + alcool :24, autre : 24 cas.

Conclusion : Une fibrose hépatique est repérée par le test FIB-4 chez 19% des patients, sans pathologie hépatique connue, qui ont consulté en médecine générale. La mise en évidence d’une fibrose significative par un test sanguin tres simple a permis au MG de suspecter une maladie chronique du foie et de définir sa cause dans 2/3 des cas. Ce travail montre l’intérêt du test FIB-4 dans le dépistage de la fibrose en population générale. Ce score peut être généré automatiquement par le laboratoire d’analyse médicale dès lors que les ALAT/ASAT et plaquettes sont demandées et permettre ainsi au médecin de dépister, de confirmer l’existence d’une fibrose hépatique et de prendre en charge la maladie chronique du foie ainsi reconnue avant le développement de complications

Prévention du cancer du foie : le dépistage joue un rôle important

PHC

Quelle que ce soit sa cause, un cancer du foie peut être prévenu, avant les premières atteintes hépatiques ou au stade de fibrose, puis de cirrhose. Lors de la 13ème conférence du PHC, les spécialistes ont lancé un appel à la mobilisation générale.

Cirrhose alcoolique, stéatose hépatique, hépatites virales, ces maladies du foie peuvent à terme se transformer en cancer. Chaque année, quelque 600 000 personnes meurent de cirrhose du foie dans le monde. En dépit des découvertes récentes, en matière notamment d’immunothérapie, le pronostic des cancers avancés du foie reste bien sombre : 80 % de mortalité dans les 6 à 12 mois du diagnostic.

L’importance d’un dépistage précoce

Réunis lors de la 13ème conférence du PHC organisée le 13 janvier à Paris, les hépatologues étaient unanimes : la prévention joue un rôle important. Ainsi, ils ont rappelé l’importance du dépistage d’éventuelles maladies du foie, avant même qu’elles ne se manifestent. La cirrhose ou le cancer peuvent évoluer silencieusement d’où l’importance d’un dépistage précoce. Pendant de nombreuses années, les stades ultimes de l’hépatite que sont la cirrhose et le cancer ont été considérés comme incurables. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Si l’on intervient à temps, on peut faire disparaître une cirrhose et guérir un cancer. Un suivi rigoureux, associé aux progrès de l’imagerie médicale, y contribue.

Les principales causes des maladies du foie

En dépit d’une baisse de la consommation, l’alcool demeure la première cause de cirrhose en France. Autre facteur de cancer, la Nash (la stéatose hépatique), qui survient le plus souvent chez les personnes en surpoids, de surcroît diabétiques.« Ce foie gras touche 20 % de la population adulte aujourd’hui. Dans 5 à 10 % des cas, il peut être le siège d’une inflammation », explique le Pr Lawrence Serfaty, hépatologue à Strasbourg. Aux États-Unis, le « foie gras » est devenue la première cause de transplantation de foie. « Un simple dosage des transaminases dans le sang et le calcul d’un score, FIB-4, permet de dépister une éventuelle souffrance du foie », a-t-il conclu.

Le test sanguin de fibrose FIB4

Ce test a été utilisé pour la première fois dans les Alpes maritimes dans une étude de dépistage de la fibrose hépatique en médecine générale. 19% des sujets sans maladie du foie connue consultant en médecine générale avaient un test FIB4 positif témoin d’une fibrose significative du foie. Face à un test positif le médecin a repéré une maladie chronique du foie dans 2/3 des cas et principalement une NASH. Ainsi le test FIB4 qui pourrait être généré de façon automatique par le laboratoire d’analyse dès que le dosage des transaminases et plaquettes est demandé et pourrait permettre ainsi de reconnaitre une maladie du foie avant le stade de complications.